Filtrer
CNRS
-
La fabrique du titre : Nommer les oeuvres d'art
Ségolène Le Men, Pierre-Marc de Biasi, Marianne Jakobi
- CNRS
- Biblis
- 20 Novembre 2025
- 9782271158246
La fabrique du titre. Nommer les oevres d'art
On dit l'"?Olympia?" de Manet, "?La Joconde?" de Vinci, ou "?Guernica?" de Picasso, comme si le lien entre le tableau et son titre allait de soi. Pourtant, identifier l'oeuvre d'art par un titre est une pratique récente.
Mais est-ce toujours l'artiste qui nomme sa création ? Par quel processus et à quel moment prend forme l'acte d'intituler une oeuvre ? Quel rôle le titre joue-t-il dans sa création et dans sa réception ? La Fabrique du titre répond pour la première fois à ces questions en portant l'enquête dans les coulisses de la création, du XVIIe?siècle à nos jours : intitulés personnels des artistes, titres d'ateliers, intitulations de Salon, musée ou galerie, qualifications de circonstance, dénominations fictives, jusqu'au cas paradoxal des "?sans-titre?". Le livre aborde une multiplicité de genres allant de la peinture aux arts graphiques, de la sculpture à la photographie, de l'action aux performances.
Un champ de recherches inédit, fertile en découvertes surprenantes, pour comprendre la genèse de ce geste inaugural : donner à l'oeuvre le nom qui la représentera. -
Le design en France. Deux siècles d'histoire
Stéphane Laurent
- CNRS
- Art Technique
- 19 Juin 2025
- 9782271141972
Deux siècles de rencontre de l'art et du fonctionnalisme.
Le couteau de poche de Joseph Opinel (1890), la DS 19 de Bertoni pour Citroën ou le fauteuil LC4 de Le Corbusier. Le design français a ses icônes et ses vedettes : tout le monde ou presque connaît Charlotte Perriand ou Philippe Starck. Certains se souviennent de Raymond Loewy ou de Roger Tallon. Pourtant, l'" école " française, apparue avec l'art industriel et qui se structure durant l'entre-deux guerres, reste méconnue. Un design français qui allie inventivité et raffinement, et qui a réussi autant chez Moulinex-Seb que chez Yves Saint Laurent.
En un volume dense, documenté et illustré, qui brasse la mode, les objets et le graphisme (affiche, illustration, animation...), Stéphane Laurent nous raconte deux siècles de design français, animés par une innovation technique, continue et puissante, menée par des ingénieurs-inventeurs-entrepreneurs autant que par des créateurs. Dans cette fresque vivante et incarnée, on trouvera aussi bien les inventions fondatrices, tels le tricycle électrique de Gustave Trouvé (1880) ou le biplan Spad 13 (1918), que les moments clés, comme celui de la création de l'Union des artistes modernes (UAM) en 1929, sans oublier le récit des grandes évolutions institutionnelles et politiques. -
L'État contre la norme : Institutions publiques et art d'avant-garde
Nicolas Heimendinger
- CNRS
- Sciences Politiques Et Relations Internationales
- 16 Octobre 2025
- 9782271152169
L'État contre la norme
Institutions publiques et art d'avant-garde
Au tournant des années 1960, le champ artistique connaît un profond bouleversement : l'art d'avant-garde, né au XIXe siècle d'une rupture avec toute forme d'art officiel, commence à bénéficier d'une reconnaissance et d'un soutien inédits de la part des institutions publiques.
Une telle alliance n'avait pourtant rien d'évident : les avant-gardes s'opposent aux traditions muséales, leurs expérimentations parfois hermétiques s'accordent mal avec les projets de démocratisation culturelle et le caractère souvent transgressif de leurs oeuvres ne les prédispose guère à une consécration officielle. Le soutien public à un art anti-conventionnel nourrit ainsi des tensions, toujours très actuelles, entre la liberté artistique et l'horizon d'attente du public. Comment expliquer alors ce renversement ?
Du Centre Pompidou à la documenta de Cassel en passant par les espaces alternatifs new-yorkais, ce livre retrace l'histoire agitée des relations entre États, musées et avant-gardes entre 1945 et 1980, dans trois pays au coeur du système artistique international : la France, les États-Unis et l'Allemagne. Un éclairage unique sur l'émergence du champ de l'art contemporain.
Prix de thèse " Valois " jeunes chercheuses et chercheurs
du ministère de la Culture. -
L'art contemporain - Une infographie
Guillemette Crozet, Béatrice Joyeux-Prunel
- CNRS
- Art Technique
- 17 Octobre 2024
- 9782271152503
L'art contemporain d'un point de vue esthétique, culturel, politique et économique.
L'infographie pour rendre visible les enjeux majeurs du secteur.
Saviez-vous que Richard Orlinski est l'artiste français vivant le plus vendu au monde ; que moins de 5 % des oeuvres des grands musées occidentaux sont africaines ; que sans pétrole, il n'y aurait probablement pas d'art contemporain ; que
Rabbit de Jeff Koons s'est vendue à plus de 90 millions de dollars ; que le premier musée d'art contemporain en Iran date de 1977 ; que
Sans-titre est désormais la manière la plus fréquente d'intituler une oeuvre d'art ; qu'il existe une trentaine d'artothèques en France, où l'on peut emprunter des oeuvres quelques mois sans les acheter ?
Voilà ce que vous découvrirez en vous plongeant dans cette foisonnante infographie. En une centaine de pages, cet ouvrage propose une nouvelle écriture graphique, aussi riche qu'inventive.
Grâce à la datavisualisation, le lecteur sera immergé dans le monde de l'art contemporain, à la rencontre de son histoire, de sa dimension politique, de ses acteurs et actrices - artistes, galeristes, curateurs, collectionneurs... -, de ses oeuvres, de leur matérialité et leur circulation, mais aussi de ses aspects économiques et esthétiques.
De la place réservée aux artistes femmes à l'évolution des matériaux utilisés dans les oeuvres d'art, en passant par la percée des pays non-occidentaux sur la scène internationale, et les stratégies d'exposition des artistes sur les réseaux sociaux, cet ouvrage propose une approche originale, mondiale et transversale de l'art contemporain ; il plonge dans l'histoire du second XXe siècle, comme dans l'actualité la plus récente.
Grâce à la collaboration d'une spécialiste des avant-gardes artistiques et d'une graphiste hors pair,
L'art contemporain. Une infographie rend compte, par l'infographie, des enjeux de cet univers. -
La beauté du seuil : esthétique japonaise de la limite
Teiji Ito, Philippe Bonnin
- CNRS
- 28 Octobre 2021
- 9782271138934
" Établir une limite " est l'un des concepts majeurs de la pensée de l'espace-temps japonais, l'une des racines de son esthétique. Dans les sanctuaires et les maisons, cette notion du seuil, du kekkai, conduit l'agencement de la charpenterie et des ouvertures, tout en guidant la conception des jardins, des paysages, de la peinture, intimement liée à la littérature, aux rites ou à la poésie.
En 1966, en pleine furie moderniste, un historien japonais, éminent spécialiste de la maison médiévale, It? Teiji, publie une oeuvre majeure consacrée au kekkai, qui puise ses exemples dans toute l'histoire de l'architecture japonaise. C'est ce livre, Kekkai no bi, que Philippe Bonnin et son équipe traduisent, rendant accessible pour la première fois cet ouvrage essentiel. L'abondante iconographie permet en outre de visualiser les lieux et les dispositifs évoqués, tandis que l'appareil de notes et de commentaires, la chronologie et les cartes en font un outil de travail très commode et solidement étayé.
Une invitation à nouer le kekkai et à entrer dans un univers sensible et complexe qui intrigue et fascine toujours l'Occident. -
Truffaut & Godard La querelle des images Ces pères fondateurs de la Nouvelle Vague, figures tutélaires du cinéma français d'auteur, ressemblent-ils à leur image : l'un, créateur de formes cinématographiques, bénéficiant d'une aura extraordinaire auprès des milieux intellectuels, non commercial, et l'autre, aimé, populaire, sachant raconter des histoires et mettre en scène sans pourtant avoir révolutionné le cinéma ?
C'est à l'analyse de toute la cinématographie des deux célèbres réalisateurs que nous invite cet ouvrage. Jouant adroitement de la chronologie de leurs films respectifs, Arnaud Guigue met en évidence leur différence dès le départ. Qu'ont de commun ces films noirs détournés, Tirez sur le pianiste et À bout de souffle ; ou ces films de science-fiction Fahrenheit 451 et Alphaville ? L'analyse des scénarios, de la direction d'acteurs, de thèmes spécifiques tel celui de l'éducation, et surtout des images approfondit cette confrontation de deux pratiques et de deux visions du monde.
À contre-courant des images toutes faites, un essai revigorant qui est aussi une traversée et une relecture non conformiste de l'histoire du cinéma français. -
Anatomie d'une oeuvre iconoclaste, bariolée, déjantée, et très accessible.
Wes Anderson, issu de la scène indépendante, se démarque de ses contemporains hollywoodiens par son goût prononcé pour la culture française. Du portrait de Cousteau dans Bottle Rocket à la reconstitution de mai 68 à Ennui-sur-Blasé dans The French Dispatch, la filmographie de ce texan atypique est émaillée de références à la France où il réside une partie de l'année. Qu'elles soient iconiques (tour Eiffel, bérets), musicales (Françoise Hardy, Christophe) ou cinématographiques (Renoir, Truffaut, Malle), elles donnent à son cinéma un style transatlantique inimitable.
Grand cinéphile, lecteur avide, versé dans la peinture et la musique, il crée dans ses films à la croisée des arts un univers coloré, marqué par un souci obsessionnel du détail, et déploie une esthétique rétro teintée de nostalgie pour les années 1960, forçant le parallèle avec le Nouvel Hollywood et, par extension, avec la Nouvelle Vague. Le cinéma d'Anderson est référentiel et réflexif, familier et déroutant, il traite de sujets graves avec pudeur et légèreté ce qui lui vaut d'être rangé dans la catégorie " comédie dramatique " à laquelle est associée la posture impassible (deadpan) de son équipe d'acteurs.
Publicitaires, stylistes et fans de tous horizons cherchent à s'approprier cette esthétique singulière sans jamais y parvenir. Cet ouvrage propose de décrypter ce qui fait l'originalité de Wes Anderson et de son cinéma transatlantique au prisme de la traversée : des arts, des cultures, et des films. -
Artistes femmes : la parenthèse enchantée XVIIIe - XIXe siècle
Séverine Sofio
- CNRS
- Biblis
- 23 Mars 2023
- 9782271146908
Entre?1750 et?1850, l'univers des beaux-arts connaît de profondes mutations, dont l'une des conséquences est la banalisation d'une image positive de la "?dame artiste?" : des barrières s'abaissent, des contraintes se desserrent et la pratique de la peinture est rendue plus accessible aux femmes.
S'ouvre alors une période de créativité foisonnante associée aux noms - de moins en moins oubliés aujourd'hui - de Louise Élisabeth Vigée Le Brun, Adélaïde Labille-Guiard, Marie-Guillemine Benoist, Marguerite Gérard, Constance Mayer, Victoire Jaquotot, Lizinka de Mirbel, Rosa Bonheur...
Pourquoi les artistes femmes ont-elles bénéficié à cette époque de l'intérêt de leurs contemporains et de conditions de travail relativement égalitaires ? Pour le comprendre, cet ouvrage, centré sur le quotidien du travail de création, traite de la pratique des beaux-arts, de son organisation, de ses réalités professionnelles, institutionnelles et économiques. Il met en lumière comment s'est manifestée cette suspension relative et provisoire de l'infériorisation des femmes dans le monde de l'art. -
Enquête sur les nouveaux classiques, de l'Opéra de Paris au Bolchoï
Comment faire vivre et renouveler un art de répertoire dit " classique " et souvent renvoyé, à ce titre, au passé ? Qui sont les chorégraphes qui créent des ballets aujourd'hui et comment se positionnent-ils sur une scène artistique valorisant avant tout la création contemporaine ? Pourquoi les femmes chorégraphes sont-elles si rares dans un domaine pourtant essentialisé comme féminin ?
Voici quelques-unes des questions explorées dans cette enquête au coeur de quatre compagnies majeures - le Ballet de l'Opéra de Paris, le Bolchoï, le New York City Ballet et l'English National Ballet. Attentive au détail des gestes et des corps, cette plongée au sein des studios restitue les interactions qui président au processus de création de nouveaux ballets et interroge leur esthétique comme leur construction.
Réflexion sur les héritages culturels, les manières de les perpétuer ou de les transformer, cette étude met ainsi en lumière les frictions que ne manque pas d'occasionner un art transnational bousculé par les questions d'ouverture culturelle et de diversité, un art entretenu dans des institutions prestigieuses souvent aux prises avec leur identité classique. -
La civilisation japonaise a développé une perception de son espace qui n'appartient qu'à elle. Le cinéma, les grandes marques de l'électronique ou de la mode l'ont popularisée, en particulier en France. La sobriété, la patine du temps, le confort en sont les caractéristiques constantes. L'organisation des intérieurs domestiques répond ainsi à des canons pratiques et esthétiques qui font de la maison traditionnelle japonaise un espace de vie unique au monde avec son tokonoma, ses shojis ou sa pièce à thé. Le jardin, souvent minuscule, répond lui aussi à des codes précis ou chaque élément, l'eau, les fleurs, la rocaille, les mousses ont une place bien déterminée. L'urbanisme contemporain et ses espaces commerciaux bénéficie, lui aussi, d'une organisation spatiale pensée avec rigueur qui prend en compte aussi bien les rythmes de vie que les normes de sécurité antisismiques ou le cheminement des foules. Sans parler des jardins de pierres, tel le fameux Ryan-ji de Kyoto, propice à la méditation zen. Une conception de l'espace habité qui irrigue aujourd'hui toute la création architecturale, urbaine et paysagere actuelle.
C'est cet univers singulier, oscillant entre une tradition séculaire et une modernité parfois exubérante, entre nature et néons multicolores, que cet ouvrage révèle. Avec ses 240 notices rédigées par 64 spécialistes français et japonais, il offre à tous les amoureux du Japon, mais aussi aux architectes, aux paysagistes, aux urbanistes, un dictionnaire unique en son genre ou la philosophie et l'art de vivre japonais se révèlent avec une science et un charme inégalés. -
Naissance de l'art contemporain ; une histoire mondiale, 1945-1970
Béatrice Joyeux-Prunel
- CNRS
- 28 Janvier 2021
- 9782271132321
New York a-t-il vraiment été le centre de l'innovation artistique depuis 1945, comme on le lit partout?? Une hégémonie mondiale s'étudie à l'échelle mondiale. Or, l'approche comparée démonte le mythe de l'art new-yorkais et souligne l'apparition, dès les années 1950, d'un système internationalisé mais inégalitaire de production des oeuvres et des carrières. Fondé sur le renouvellement rapide des écuries artistiques et la recherche systématique de l'originalité, ce système spéculatif entretenait la concurrence entre pays, musées, marchands, artistes et collectionneurs. Dans une perspective aussi bien sociale et économique qu'esthétique et géopolitique, Béatrice Joyeux-Prunel explore cet univers des avant-gardes artistiques de 1945 à 1970.
Cette histoire mondiale de l'art parle aussi des oeuvres et des personnes. Elle interroge des tournants mondiaux étonnants?: le choix matiériste de certains artistes dans les années 1950, la violence sadomasochiste de quelques groupes après 1961, et la soudaine politisation des artistes vers 1965 (alors que Mao, Cuba, le Vietnam et la décolonisation les avaient jusque-là peu intéressés).
Du concrétisme brésilien à l'art cinétique italien et yougoslave, des Neo-Dada Organizers japonais aux actionnistes viennois, en passant par les mondialisations hétérogènes du happening et du pop art, ce livre permet de comprendre ce que nos musées érigent en canon, tout en dévoilant des histoires méconnues du monde de l'art contemporain.
-
-
C'est l'épopée d'un genre qui a révolutionné l'esthétique hollywoodienne que raconte ici Jean-Pierre Esquenazi. Faire l'histoire du film noir, c'est examiner la vie d'une communauté d'intellectuels venus d'Europe ou de New York à Hollywood dans les années 1930. Le genre naît comme une sorte d'accident industriel à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous le signe du défi à la censure des studios, obtenant de grands succès avant de subir de plein fouet le maccarthysme. D'une lucidité amère, le film noir transforme les durs à cuire hollywoodiens en ratés effrayés et fascinés par des femmes fatales rebelles, et métamorphose les grandes métropoles en de gigantesques labyrinthes semblables aux châteaux hantés du gothique.
Voici l'histoire et la sociologie d'un genre à la fois populaire et profondément critique, commercial et pourtant avant-gardiste.
-
Façons d'habiter au Japon ; maisons, villes et seuils
Philippe Bonnin, Jacques Pezeu-Massabuau
- CNRS
- 8 Juin 2017
- 9782271089120
Les études réunies ici témoignent d'une commune passion pour la maison - traditionnelle ou très contemporaine -, la ville et l'espace japonais, visités par la plume des deux auteurs. Ils sont pour l'un géographe - Jacques Pezeu-Massabuau -, pour l'autre architecte et anthropologue - Philippe Bonnin
Les études réunies ici témoignent d'une commune passion pour la maison - traditionnelle ou très contemporaine -, la ville et l'espace japonais, visités par la plume des deux auteurs. Ils sont pour l'un géographe - Jacques Pezeu-Massabuau -, pour l'autre architecte et anthropologue - Philippe Bonnin. Chacun, de son côté, a poursuivi un travail obstiné d'observation, de description, de dévoilement, d'analyse approfondie de la réalité de cette habitation japonaise, de son esthétique, des gestes, des paroles qui l'entourent. Réunir ces textes devenait un impératif pour confronter leurs approches complémentaires et décoder cette culture japonaise si passionnante. -
Les Nymphéas de Claude Monet : une anthologie critique
Emma Cauvin, Matthieu Léglise, Pierre Wat
- CNRS
- 27 Mai 2021
- 9782271086600
J'ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir?; je les cultivais sans songer à les peindre... Et puis, tout d'un coup, j'ai eu la révélation des féeries de mon étang. J'ai pris ma palette... Depuis ce temps, je n'ai guère eu d'autre modèle.?» Ainsi Claude Monet (1840-1926), le pionnier de l'impressionnisme, explique-t-il l'origine de la plus longue et productive expérimentation picturale de sa carrière?: les Nymphéas, qui représentent près de trente années de sa vie, et plus de deux cent cinquante oeuvres. Des premières toiles exposées en 1900 jusqu'à l'installation à l'Orangerie en 1927 de sa «?grande décoration?», c'est le regard porté par ses contemporains sur les Nymphéas et les processus créatifs du peintre que nous restitue cette anthologie.
Journalistes, écrivains et collectionneurs tentent tous de décrire ces oeuvres inouïes, qui se dégagent peu à peu des règles communes de la représentation, et les confrontent parfois aux limites de leurs capacités descriptives?: «?Peut-on même appeler cela des tableaux???», s'interroge l'un d'entre eux. Certains privilégiés sont reçus dans l'atelier du maître, qui leur fait visiter son étourdissant jardin, et recueillent sa parole. Le «?pèlerinage à Giverny?», les entretiens accordés par le peintre et sa correspondance personnelle, pleine de doutes sur sa création, complètent et informent la réception par la critique de son grand oeuvre.
Grâce à ce regroupement inédit de textes élogieux, critiques, poétiques, déconcertés ou encore violemment réprobateurs, c'est l'aventure au long cours du cycle des Nymphéas, ce renouvellement du paysage opéré par Monet tel un tournant majeur de la peinture moderne, qui est retracée ici.
Anthologie établie par Emma Cauvin, Matthieu Léglise et Pierre Wat, historiens de l'art, spécialistes de la peinture des XIXe et XXe siècles.
-
L'invention de l'esquisse à la Renaissance
Lizzie Boubli
- CNRS
- Art Technique
- 7 Décembre 2023
- 9782271095275
Tout le monde ne sait pas que "?esquisse?" vient de l'italien "?schizzo?" (giclure, jet), mais personne ne pense ignorer de quoi il s'agit : un dessin préparatoire, fait à grands traits, où l'artiste fixe une première version approximative de l'oeuvre qu'il imagine, qui lui servira de modèle pour se guider dans l'exécution du tableau proprement dit. Sorte de brouillon graphique, dont les origines sont sans doute aussi anciennes que la peinture elle-même, l'esquisse est reconnaissable au premier coup d'oeil, et se présente comme une pratique sans mystère pour quiconque s'intéresse aux arts plastiques... À moins que ces fausses évidences ne nous cachent sa véritable histoire et ses vrais enjeux ?
L'esquisse a sans doute été pratiquée sur toutes sortes de support depuis la Préhistoire, mais on n'en a gardé aucune trace avant la fin du Moyen Âge. C'est en Italie, au milieu du XVe?siècle et au cours du XVIe, que tout change. Non seulement les artistes (peintres, sculpteurs, architectes) multiplient les esquisses et se mettent à les conserver précieusement, mais le concept même de schizzo devient l'objet de vastes débats théoriques qui vont irradier dans toute l'Europe : l'Italie de la Renaissance invente l'esquisse comme processus intellectuel majeur de la création. Hollanda, Vasari, Vinci, Armenini, etc. en cherchent la définition et en explorent la diversité (inspiration initiale, rapidité d'exécution, mouvement, imperfection, première pensée, premier jet, tache, modèle, etc.) Ce sont ces sources que Lizzie Boubli rassemble ici pour analyser en profondeur cette révolution artistique et théorique qui nous a légué un immense trésor : les dessins de travail qui recèlent les secrets de l'oeuvre à l'état naissant. Un riche portfolio commenté permet de confronter les concepts et les réalisations, en se promenant librement dans le cabinet des plus grands maîtres. -
Le cinéma à l'épreuve du divers : politiques du regard
Jean-Michel Frodon
- CNRS
- 9 Septembre 2021
- 9782271122407
Paradoxe fondateur?: dès l'origine, l'invention des frères Lumière manifeste ses pouvoirs de rencontre et de compréhension entre des êtres différents, partout dans le monde, et mobilise dans le même temps des rapports d'exclusion et de domination, sous le signe des inégalités sociales, du racisme et du machisme. Plus d'un siècle après, ces puissances de rencontre et de découverte comme ces enjeux de discrimination et d'oppression se sont reconfigurés et ont été activés aussi dans de nombreux autres domaines. La question du rapport au divers est plus que jamais au coeur des pratiques et des effets du cinéma.
Le divers désigne la multiplicité des formes d'existence à la surface de la terre et la multiplicité des rapports entre elles. Ce livre met en évidence les manifestations de cette diversité et leurs conséquences, en s'appuyant sur de nombreux films, célèbres ou à découvrir. Il montre comment ces films, leurs histoires, leurs choix de mise en scène, les techniques qu'ils mobilisent, leurs conditions de production et de diffusion transforment nos manières de regarder, de sentir, de comprendre. Le cinéma influence les comportements, individuels et collectifs, dans la vie quotidienne mais aussi dans le domaine des politiques publiques, dans les médias, dans les dispositifs législatifs et réglementaires. Volontairement ou non, il contribue à une façon d'habiter, réellement et imaginairement, le monde avec tous ceux qui le peuplent, humains et non-humains.
-
" La crise climatique est majeure.
Dans 30 ans, l'Arctique sera probablement libre de glaces. Pour les populations autochtones, c'est un choc des cultures que peu de civilisations ont affronté. Quant à nous, les conséquences sont imprévisibles.
La Terre souffre. Elle se vengera.
L'homme n'est pas venu sur Terre pour domestiquer la Nature, mais pour s'y intégrer en la respectant. Depuis des millénaires, les Peuples Racines le savent. Ce n'est par hasard qu'ils résistent dans toutes les contrées du Monde : en Amazonie, en Afrique, en Australie. Ils ne sont pas en arrière de l'Histoire. Ils sont en réserve pour être nos éclaireurs et nous protéger de nos folies en rappelant les lois éternelles. "
Ainsi parle Jean Malaurie, de façon prophétique, de l'état du monde et de l'urgence écologique.
Un appel politique et spirituel.
9000 exemplaires vendus du Régis Debray dans la même collection. -
Dans le décor tourmenté de la crise de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire napoléonien, des impresarios exceptionnels, des spéculateurs audacieux, des chanteurs ambulants, des virtuoses envoûtantes et des musiciens émigrés essaient de dépasser - pour la gloire ou pour l'argent, par amour-propre ou par esprit d'aventure - la résistance que la France, seule en Europe, oppose à l'opéra italien. Cette résistance n'est pas le résultat d'un nationalisme exacerbé, mais elle se fonde sur une altérité anthropologique de poétique et de dramaturgie.
Seul ouvrage de référence sur le sujet, cette étude reconstruit l'histoire de l'opéra italien en France de la
"Querelle des Bouffons" (1752) à la Restauration (1815), l'activité des théâtres parisiens, qui ont monté des
opéras italiens, la réception du public et le riche débat esthétique occasionné par cette dramaturgie étrangère.
Pendant le XVIIIe siècle et le début du xixe, dans le décor tourmenté de la crise de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire napoléonien, des impresarios exceptionnels, des spéculateurs audacieux, des chanteurs ambulants, des virtuoses envoûtantes et des musiciens émigrés essaient de dépasser - pour la gloire ou pour l'argent, par amour propre ou par esprit d'aventure - la résistance que la France, seule en Europe, oppose à l'opéra italien.
Loin d'être le résultat d'un nationalisme exacerbé, cette résistance se fonde sur une altérité anthropologique de poétique et de dramaturgie. Ainsi, l'opéra italien suscite un débat intense qui engage toutes les personnalités de la culture française de l'époque, un débat dont la « Querelle des Bouffons » et la « Querelle des Gluckistes et des Piccinistes » ne cristallisent que les moments les plus polémiques.
Seul ouvrage de référence sur le sujet, ce livre retrace le roman théâtral et l'histoire de ces héros et héroïnes. Grâce à une recherche d'archives de première main, il ajoute la pièce manquante à la grande mosaïque de l'exportation de l'opéra italien en Europe et met en valeur la richesse artistique de l'échange entre la France et l'Italie sur le sujet de la dramaturgie.
Andrea Fabiano est professeur de Littérature et Civilisation italiennes modernes à l'Université Paris-Sorbonne et chercheur à l'Institut de recherche sur le patrimoine musical en France (IRPMF). Spécialiste des transferts dramaturgiques entre la France et l'Italie, il a publié de nombreux articles et livres sur l'opéra et le théâtre au xviiie siècle dont le dernier en date, La « Querelle des Bouffons » dans la vie culturelle française du xviiie siècle paru en 2005 dans cette même collection.
-
Comprendre les trésors de l'art Roman, percer les secrets des bâtisseurs de cathédrales, percevoir, pour la première fois, l'art médiéval comme un tout et contempler un millénaire (de 300 à 1300) de façades sculptées, de nefs, de travées ou d'absidioles. Tels sont les objectifs de ce beau livre unique, fruit d'une coopération scientifique d'envergure européenne.
Un ouvrage très illustré qui aborde l'histoire de l'art médiéval sous un nouvel angle, privilégiant aux simples descriptions techniques le contexte historique et culturel de cette époque trouble mais aussi les buts, les moyens et les positions sociales des bâtisseurs, des artistes et des commanditaires.
Un guide de référence qui donne le dernier état des connaissances et qui s'intéresse particulièrement à l'architecture des églises médiévales pour en proposer une vision totalement innovante.
Paolo Piva est professeur d'histoire de l'art médiéval à l'université d'Etat de Milan, spécialisé en architecture et iconographie religieuses. Harmen H. Thies enseigne l'histoire de l'art gothique à Brunswick. Wofgang Schenkluhn, l'histoire de l'art à l'Université Martin Luther du Haut-Wittenberg. Spécialistes internationalement reconnus du Moyen Âge, Francesco Gandolfo et Antonio Gandolfo sont professeurs aux universités romaines " Tor Vergata " et " La Sapenzia ". -
De la peinture antique, qui fut certainement d'une grande richesse, nous ne conservons que de rares traces matérielles. Mais ces chefs-d'oeuvre disparus ont subsisté à travers des textes qui les décrivent et nous racontent, à leur propos, des anecdotes, mythes et récits que la tradition a fini par transformer en lieux communs : l'artiste tombant amoureux de son modèle, le jeune homme préférant la statue à la femme de chair, le peintre se livrant à la torture pour mieux représenter la douleur, des raisins si parfaitement imités que les oiseaux viennent les picorer.
C'est par la médiation de ces discours et de ces narrations que l'art antique a irrigué tout l'art occidental, dans sa pratique comme dans sa conception. Sans cesse repensés et reformulés, ces récits fondateurs ont offert à chaque auteur l'occasion d'exprimer sa vision singulière et se sont finalement traduits par autant d'interprétations originales.
Quelle a pu être l'influence de ces lieux communs sur les théories artistiques de l'âge moderne et contemporain ? Ont-ils contribué à alimenter, enrichir et populariser les discours théoriques, ou au contraire à les mettre en défaut, à les entraver ou à s'y substituer ? Par quelles médiations - rhétorique, philosophique, académique - cet ascendant des lieux communs s'est-il exercé ? Quel rôle ont-ils joué dans la pratique des artistes, notamment dans le choix et le traitement des sujets ? Par quel processus artistique s'accomplit la transposition fictionnelle du lieu commun ? Par quels indices peut-on identifier sa présence subliminale dans une oeuvre ? Voilà l'enquête à laquelle nous convie cet ouvrage qui revisite magistralement l'histoire de l'art à la lumière de ses origines narratives.
Sous la direction de Emmanuelle Hénin et Valérie Naas.
-
Le geste & la pensée ; artistes contre artisans de l'Antiquité à nos jours
Stéphane Laurent
- CNRS
- Societe
- 31 Janvier 2019
- 9782271119001
Leonard, Picasso, Wharol, Koons, les artistes fascinent les foules et obsèdent les intellectuels. L'Art semble aujourd'hui se réduire à quelques figures de la peinture dans un marché mondialisé et conceptuel. Un art où le geste s'efface devant la pensée, où la « main », pourtant capitale, ne compte plus.
Qui sait que Louis XIV, l'inventeur du luxe à la française, préférait son service de table en or massif aux grandes fresques du génial Lebrun ? Qui se souvient combien les enlumineurs, orfèvres et autres faiseurs d'images avaient les faveurs des princes du Moyen Âge, adeptes des beaux objets ? Ivoiriers, tapissiers et autres artisans d'art sont les vaincus d'une longue et sourde guerre que les succès éphémères des arts décoratifs ou du design contemporain ne peuvent faire oublier.
Stéphane Laurent revient sur cette histoire et dresse un subtil panorama critique de cette guerre entre l'« Art » et l'artisanat. Il démêle cette question de l'Antiquité jusqu'à nos jours sans omettre des rapprochements avec d'autres civilisations extra-européennes et revient sur les moments essentiels de notre histoire de l'art, relevant les coups de force - telle la naissance des arts libéraux en Italie et en France au XVIe siècle -, les moments d'hésitation ou de reflux, comme le XIXe siècle, avec les Arts and Crafts et l'échec des arts décoratifs. En choisissant le luxe comme fil conducteur, il nous révèle les rapports de l'art avec le pouvoir et l'élite intellectuelle d'un côté, et le rôle de la consommation de l'autre, deux pôles déterminants de la création.
-
Quand il arrive à Hollywood, Ernst Lubitsch est déjà un cinéaste prestigieux. L'aura dont il jouit et la diversité des fonctions qu'il occupe lui permettent d'y mener une action hors du commun.
En observant la manière dont il travaille au sein de cet environnement particulier, Katalin Pór revient sur ses relations avec les structures de production hollywoodiennes. Comment parvient-il, au sein même de cette organisation hyper-normalisée, à imposer ses propres conceptions du travail créatif?? Ses interactions avec les différents studios peuvent être lues comme autant d'efforts pour lui permettre de travailler dans une relative autonomie, sur des projets qui l'intéressent, avec des collaborateurs librement choisis, et selon ses propres méthodes.
Quel est l'apport de Lubitsch au cinéma hollywoodien?? Il y conçoit et réalise des films, évidemment, mais opère également des recrutements, fait acheter des répertoires de pièces, transforme le fonctionnement de certains studios... Son action hollywoodienne peut être assimilée à une véritable politique, d'une grande cohérence, guidée par deux questionnements poétiques fondamentaux?: sur la nature de la comédie, d'une part, et l'articulation entre musique et cinéma, de l'autre.
Voici le portrait d'un «?Lubitsch au travail?», à la fois artiste et homme de pouvoir, à Hollywood.
-
Jazz power : anthropologie de la condition noire chez Ralph Ellison
Emmanuel Parent
- CNRS
- 15 Mai 2015
- 9782271085948
La vie de Ralph Ellison (1913-1994) est exceptionnelle. Né en Oklahoma, six ans seulement après le rattachement de ce territoire indien à l'Union, il est l'enfant de multiples migrations : noire avec ses parents pionniers attirés par le rêve américain dans ce nouvel État ; indienne avec sa mère ; juive, avec des employeurs qui lui apprennent le yiddish. Une telle identité lui a permis de prétendre choisir ses ancêtres et de ne pas souscrire aux diverses mystiques de la négritude, position qui le mettra en porte-à-faux vis-à-vis de la génération radicale des années 1960, celle qui faisait rimer free jazz et black power. C'est en écrivant sur la musique, le jazz en particulier, que Ralph Ellison exprimera le mieux ses idées. Le jazz, loin de consister en un repli frileux sur une identité se suffisant à elle-même, a eu le pouvoir de recycler tant d'influences diverses qu'il appartient à part entière à la culture occidentale. C'est même cette dernière qui a pris, depuis, un peu de la couleur du blues. C'est à une nouvelle façon d'envisager les rapports des Noirs à la modernité que nous invite Ellison et qu'explore pour nous ce livre où se répondent musique, littérature et anthropologie.